Dimanche Philo : ce que nous devons à nos pères avec Marc-Aurèle
En
ce troisième dimanche de juin, au Québec, nous fêtons les pères. En Belgique,
ma terre natale, ce fut la semaine dernière.
La
présence des parents ou des figures éducatives s’avère essentielle pour chaque individu, car c’est
par ces personnes que l’enfant apprend les premiers principes de l’existence,
que ce soit la morale, les interdits, les droits ou encore les comportements
admissibles ou non.
Un
philosophe a eu cette reconnaissance envers ses pairs et son père, c’est
Marc-Aurèle dans son livre Pensées pour moi-même.
Marc-Aurèle,
un philosophe du stoïcisme
Né en 121
et décédé en 180, Marc-Aurèle fut empereur romain de 161 à 180. Il est
également considéré comme l’un des grands esprits de la philosophie stoïcienne
avec notamment son œuvre citée ci-haut.
Confronté
aux guerres, aux trahisons, aux épidémies et aux lourdes responsabilités de sa
fonction, il cherchait constamment à concilier ses principes à ses actions. Vivre
selon la raison, la justice et la maîtrise de soi.
Nous
lui devons, plus de dix-huit siècles après sa mort, des écrits continuant d’inspirer
bon nombre de personnes, penseurs, coachs de vie ou professionnels du social.
Cependant, dès le début de son texte, le philosophe-empereur
rend hommage aux personnes ayant contribué à sa formation comme individu. Parmi
elles figure son père adoptif, l’empereur Antonin, dont il admira les
qualités morales et l’exemple de vie.
Ce
passage, dont vous trouverez l’extrait ci-dessous, rappelle une chose : l’éducation
ne passe pas seulement par des théories, mais aussi des actions et des exemples
d’existence.
Le
texte sur son père
De mon père adoptif, j’ai appris la bonté ; l’inébranlable constance dans les jugements qui ont été une fois mûris par la réflexion ; le dédain pour ces honneurs factices qui séduisent la vanité ; la passion du travail ; l’application perpétuelle ; la disposition à prêter l’oreille à toutes les idées qui concernent l’intérêt public ; l’invariable attention à rendre à chacun selon son mérite ; le discernement à juger des occasions où l’on doit tendre les ressorts et de celles où on peut les relâcher ; la sévérité à poursuivre et à punir les amours pour les jeunes gens; le dévouement au bien de l’État ; la liberté qu’il laissait à ses amis, sans les astreindre nécessairement à partager tous ses repas, ou à le suivre dans tous ses voyages ; l’absolue égalité d’humeur, où le retrouvaient au retour ceux qui avaient dû le quitter pour quelque cause urgente ; la consciencieuse analyse des choses dans toutes les délibérations ; la persistance à ne point se départir de son examen, en se contentant des premières solutions qui se présentaient ; l’attachement rempli de soins pour ses amis, aussi peu porté à se dégoûter d’eux sans raison qu’à les aimer à la fureur ; l’indépendance d’esprit en toutes choses et la sérénité ; la prévoyance à longue vue et la vigilance à régler les moindres détails, sans en faire tragiquement étalage ; la précaution de repousser les acclamations populaires et la flatterie sous toutes ses formes ; l’économie à ménager les ressources nécessaires à l’autorité ; la retenue dans les dépenses pour les fêtes, tout prêt à souffrir les critiques sur ce chapitre ; la piété sans superstition envers les dieux ; la dignité avec le peuple, qu’il ne fatigua jamais de ses adulations ni de son empressement à complaire à la foule ; la sobre mesure en toutes choses ; le solide respect de toutes les convenances, sans un goût trop vif pour les nouveautés
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