Réflexion sur l’actualité. Le pouvoir n'accorde pas de privilèges, mais des devoirs.
Depuis environ 24h, le monde du soccer et le Mondial 2026 sont entachés de controverses et d’irrégularités apparentes. Selon les informations actuellement disponibles, le président américain Donald Trump est intervenu auprès de la FIFA (Fédération Internationale de Football Association) afin de demander la révision du carton rouge attribué au joueur de l’équipe nationale des États-Unis.
Au-delà du débat sur Donald Trump et la FIFA, cette affaire nous invite à réfléchir à une question plus fondamentale : le rapport qu'entretiennent certains dirigeants avec le pouvoir.
L’histoire nous montre que le pouvoir peut parfois engendrer un certain sentiment de supériorité, d’impunité et privilège. Comme si une fonction élective devait permettre de passer avant les autres, comme si, une fois élu, on appartenait désormais à une catégorie de citoyens au-dessus des lois. Certains s’y croient et aiment penser qu’ils sont alors en droit d’avoir un traitement particulier, un passe-droit ou une exception aux règles communes dont le « petit peuple » doit se conformer.
Ne nous y trompons pas, cette logique existe dans de nombreuses situations : interventions pour accélérer un dossier, une priorité pour avoir un rendez-vous médical, pression exercée sur une institution, ou la simple conviction que les règles sont faites pour les autres mais pas soi.
Rappelez-vous de la fameuse phrase de Jean-Luc Melenchon (leader de la France Insoumise) déclarant « La France, c’est moi ». Une formule rappelant cette vieille tentation de confondre sa propre personne avec l’institution que l’on prétend incarner.
Au Québec aussi, sans signaler qui que ce soit, cette mentalité existe. Il y a des dirigeants, des chefs et parfois même des responsables d’organisations qui finissent par croire que leur fonction leur confère davantage de droits que ceux du simple citoyen.
Nous ne devons pas oublier que dans une démocratie digne de ce nom, un chef d'État, un ministre, un député ou un maire demeure avant tout un citoyen. Son mandat lui confère des responsabilités, pas des privilèges. Il ne bénéficie d'aucun droit divin, d'aucune exemption morale ou civique.
L'État de droit repose sur un principe simple : les règles doivent s'appliquer à tous avec la même exigence. Plus une personne exerce un pouvoir important, plus elle devrait faire preuve d'exemplarité dans leur respect.
Comme l'écrivait Montesquieu, pour que la liberté soit préservée, le pouvoir doit être limité par le pouvoir. Aucune fonction ne devrait permettre de s'élever au-dessus des lois ou des institutions.
La véritable grandeur d'un dirigeant ne réside pas dans sa capacité à obtenir des traitements de faveur, mais dans sa volonté d'être soumis aux mêmes règles que les citoyens qu'il représente.
Dès lors, la situation présente de Donald Trump devrait nous rappeler ce principe fondamental d’une vie dans une démocratie. Être élu, c’est avoir plus de responsabilités, pas plus de droits.
Avec les élections à venir en octobre au Québec, ou en France en 2027, tachons de nous en rappeler.
Comme l’écrivait Etienne de La Boétie : « Soyez résolus de ne plus servir, et vous voilà libre ». Ne laissons pas les dirigeants de ce monde agir dans un sentiment d’impunité, quelle que soit leur appartenance politique. Cette dérive ne peut prospérer que si les citoyens l’acceptent ou s’y résignent.
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